La momification

Pourquoi et comment embaumait-on dans l’Egypte ancienne ? Par Tom et Louan

La momification dans l’Egypte antique s’inscrivait dans un rituel funéraire. Le dieu de la momification est Anubis, à tête de chacal.

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Anubis

En Egypte antique, la conservation du corps était un symbole très important. La destruction de celui-ci représentait un risque très grave. Les Egyptiens croyaient en l’immortalité. La momification n’était cependant réservée qu’à une certaine catégorie de la population, la plupart des Egyptiens étaient très pauvres, ils étaient donc simplement enterrés sans cercueil, et leurs corps se desséchaient naturellement dans le sable chaud et sec du désert. L’embaumement ou momification était réservé aux plus riches.

Dès que le décès avait lieu, le corps était remis aux embaumeurs puis était transporté à l’ouest de la ville, dans un endroit élevé pour que les crues du Nil ne puissent pas l’atteindre.

Au sens propre du terme, la momification consiste à momifier toute dépouille humaine ou animale, c’est-à-dire conserver un cadavre, l’embaumer au moyen de matières balsamiques. Momifier les morts relevait d’une technique secrète, il n’existe aucun document expliquant la momification égyptienne et peu de dessins montrent comment procédaient les embaumeurs. Toutefois, les égyptologues ont pu reconstituer assez fidèlement les étapes, grâce à l’étude minutieuse de corps momifiés et aux textes des historiens de la Grèce antique qui ont consigné le processus de momification.

Les étapes de la momification

1) La première étape de la momification consistait à enlever les organes internes et fragiles du corps, qui se décomposaient rapidement. Le cerveau était d’abord extrait par le nez grâce à une tige de métal et une cuillère à long manche. On nettoyait parfois le crâne à l’eau. Ignorant l’importance du cerveau, les Egyptiens ne le conservaient pas. Selon eux, on pensait avec le cœur.

2) Une incision était ensuite pratiquée à l’aide d’un couteau en silex sur le côté gauche de l’abdomen. L’estomac, les intestins, le foie et les poumons étaient ainsi retirés. Ils étaient conservés dans du sel spécial : le natron, puis enveloppés dans des petits paquets ou déposés dans des vases : les canopes. Les couvercles des canopes représentaient souvent les têtes humaines et animales des quatre fils du dieu Horus. Les Egyptiens pensaient que ces fils protègeraient les viscères pour l’éternité grâce à une formule magique. Parfois, la formule était inscrite directement sur le vase.

Généralement on plaçait dans le vase à tête d’homme le foie, dans le vase à tête de chien l’estomac, dans le vase à tête de faucon les intestins et dans le vase à tête de singe les poumons. Le cœur était laissé à sa place, car les Egyptiens pensaient qu’il servirait au défunt dans l’au-delà.

3) Le corps ainsi vidé était ensuite recouvert de natron puis laissé à sécher pendant 40 jours. Les embaumeurs maintenaient parfois les ongles de pied grâce à des ficelles pour éviter qu’ils ne tombent. Ils enlevaient ensuite le sel et enduisaient d’huile le corps desséché. Enfin, on enveloppait le défunt de bandelettes afin qu’il ressemble au dieu Osiris.

Louan et Tom